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L’ÉTAT
C’EST TOI
Ce n’est un secret pour personne, la France pourrait aller
mieux.
Nous connaissons le mal. Depuis plus d’un demi-siècle nous en cherchons
les remèdes.
Les ruines de la guerre ont appelé la reconstruction.
L’instabilité gouvernementale et le rejet de la colonisation ont
appelé le redressement.
Le rejet de l’autorité et l’ennui de la jeunesse ont appelé
la libération des délibérations.
La disparition prématurée d’un président modérateur
appela au pouvoir un jeune président qui promit un changement mis à
mal par les chocs pétroliers et par un style compassé.
Le successeur promit de changer la vie et de donner un coup de jeune à
la société. Il achoppa sur les réalités et réamorça
le trop plein d’une politique politicienne.
Un jeune loup succéda au vieux renard après avoir partagé
sa tanière et avant de la partager encore avec un candidat à sa
succession.
Des monstre multicéphale s’usèrent les crocs sur les os
brisés de notre vieille société dont les fractures sont
irréductibles par les médecines douces.
Le jeune loup désormais en place a les dents encore longues et acérées.
Il a grand appétit car il est en pleine période de croissance.
Il est attendu aux et hors virages.
C’est inhérent à la politique, tout détenteur de
pouvoir exaspère ses concurrents malheureux. Il n’a de prise sur
les faits et les événements que par l’intermédiaire
des hommes lesquels ont toujours des fins, des voies, des moyens, des méthodes,
des actions, des chronologies, qui leur sont propres.
Les informateurs et les commentateurs relèvent les réticences,
les contradictions, les incohérences, les insuffisances, les échecs.
Sous couvert de la noblesse et de la légitimité des médias
d’opinion, des informations et formulations sélectives occultent
des objectifs partisans, accréditent des postures versatiles.
L’électeur est toujours prompt à changer d’opinion
et de favoris entre les consultations. Il finit par voter selon ses habitudes,
ses réflexes, son humeur, ses intérêts, les circonstances,
la tête du candidat, l’air du temps. Le citoyen s’irrite de
voir ses attentes prises et reprises sous d’autres appellations dans les
programmes successifs pour, les élections passées, être
mises en attente de jours meilleurs.
L’insatisfaction et la mise en attente permanente du « consommateur
politique » ont un effet démobilisateur. Chacun y trouve prétexte
et justification à l’inaction et au rejet de la responsabilité
individuelle. Tout ce qui ne va pas ou pourrait aller mieux est imputé
à d’autres. L’essentiel supplante l’accessoire. Le
superflu devient prépondérant.
C’est ainsi que « dans sa grande sagesse » le législateur
est allé jusqu’à ériger le temps de présence
sur les lieux de travail en constante universelle… d’ajustement
! Les décroissances d’activité productrice par la réduction
des efforts sont au bout du chemin.
Comme l’entropie, les amusements ont été voués à
une inexorable croissance, toute d’agitation et de décoordination.
Souvent les chaudes ambiances précédent les fièvres de
la société. Les éphémères ministres du temps
libre, des loisirs et des « entertainments » doivent se méfier
des ambiances à tout casser.
Il ne faut certes pas oublier les sollicitations excessives des êtres
humains au travail, ni les abus de pouvoir, ni les injustes rémunérations,
ni les conditions de travail qui nuisent à la santé des êtres
humains.
Mais utiliser ces abus pour accréditer l’idée selon laquelle
le travail serait mauvais en soi et aliènerait l’homme est une
manière sûre d’accroître les injustices et la servitude
des plus faibles.
Le grand défi des sociétés d’aujourd’hui est
de convaincre les hommes que le travail est un moyen, et peut-être le
seul, de donner à chacun la possibilité de vivre, le goût
de l’action individuelle et collective, le plaisir de servir.
Eh oui, camarade-citoyen, l’état c’est toi et tu en es quelque
peu le chef.
Et quand on est le « boss », on est tenu de « bosser »
!
Même autonomes, le travail et l’emploi ne sont pas des sinécures.
Bonne rentrée !
Pierre
Auguste
Le 3 septembre 2008
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